Le ton est monté à la Présidence de la République. Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la Transition au Gabon, a livré un message sans détour aux responsables des régies financières : les pratiques opaques, les surfacturations, les détournements et les lenteurs doivent cesser et immédiatement.

Face à une administration encore engluée dans des pratiques anciennes, le Chef de l’État a réaffirmé sa volonté de transformer en profondeur la gestion des finances publiques. Et pour cela, un mot d’ordre : digitalisation intégrale avant décembre 2025.

« Comment restaurer et développer notre économie, et par la même occasion lutter contre la vie chère, si cette opération reste à la traîne ? », a-t-il lancé d’entrée de jeu.

Assez des dérives : Oligui Nguema recadre

Brice Oligui Nguema a visiblement perdu patience face à des dérives qu’il qualifie d’« inacceptables » :

• Surfacturations massives dans les projets d’infrastructure, bien au-delà des plafonds fixés (350 millions FCFA/km à Libreville, 400 millions en province) ;

• Rétrocommissions illégales versées à des agents publics ;

• Loyers administratifs excessifs, grevant inutilement les finances de l’État ;

• Double financement de projets déjà pris en charge par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) ;

• Et surtout, un faible recouvrement des recettes, malgré les réformes déjà engagées depuis la prise de pouvoir le 30 août 2023.

Une série de mesures choc

Dans une démarche offensive, le président a ordonné une batterie d’actions immédiates pour remettre de l’ordre dans la chaîne de la dépense publique :

• Revue complète des ordonnances de paiement, pour en éliminer les excès et les anomalies ;

• Audit des baux administratifs et des dépenses de 2020 à 2023, pour détecter les fraudes et irrégularités ;

• Croisement systématique des fichiers CTRI et Trésor, afin d’éliminer les doublons et renforcer la sincérité budgétaire ;

• Fin de la sous-budgétisation, avec une loi de finances 2026 alignée sur les dépenses réelles ;

• Connexion numérique entre régies financières et Présidence, pour un suivi en temps réel ;

• Renforcement des contrôles douaniers et pétroliers, en exigeant notamment l’ouverture de comptes bancaires domiciliés au Gabon par les entreprises extractives.

Ultimatum présidentiel : décembre 2025 ou rien

Le message est clair : le Gabon ne peut plus attendre. Oligui Nguema fixe une date butoir ferme : décembre 2025 pour finaliser la digitalisation complète des régies financières. L’objectif ? Rompre définitivement avec les pratiques du passé et instaurer une gouvernance fondée sur la transparence, la responsabilité et l’efficacité.

Ce signal fort intervient dans un contexte où la lutte contre la vie chère, la relance économique et la crédibilité de l’État passent nécessairement par une réforme rigoureuse de la gestion publique.

Une nouvelle ère de rigueur

Cette prise de parole incarne davantage qu’un simple recadrage administratif. Elle s’inscrit dans une volonté assumée de bâtir un État moderne, numérisé, et plus respectueux des deniers publics.

Brice Oligui Nguema entend laisser sa marque : celle d’un leader qui n’hésite pas à confronter les résistances pour redresser une nation. Le compte à rebours est lancé.

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