Dans une tribune d’une rare fermeté, l’analyste politique Télesphore Obame Ngomo a livré une mise au point sans détour sur le tumulte politique qui agite le Gabon après les élections législatives et locales de septembre dernier. Face au brouhaha médiatique et aux spéculations, il appelle à la raison, au respect des institutions et à la fin de ce qu’il qualifie de “vacarme injustifié”.

La loi, seule boussole de la République

L’auteur est catégorique : le Président de la République ne peut pas annuler les élections.
« Aucune disposition légale ne lui confère ce pouvoir », rappelle-t-il, soulignant que la Cour constitutionnelle demeure le seul juge compétent des élections au Gabon. Pour Télesphore Obame Ngomo, les cris d’orfraie et les accusations portées contre le pouvoir relèvent moins d’une indignation légitime que d’une instrumentalisation politique de la colère populaire.

La politique ne se fait pas dans les émotions

Revenant sur l’histoire électorale du pays, il rappelle les combats menés par les figures historiques, Oyono Aba’a, Agondjo Okawe, Mba Abessolo, Mamboundou Mamboundou pour arracher la création d’organismes électoraux indépendants. Selon lui, crier à la fraude ou à l’injustice sans s’attaquer aux causes profondes revient à répéter les erreurs du passé. « Les mêmes causes produisent les mêmes effets », insiste-t-il, invitant la classe politique à la lucidité et à l’humilité : « Soyons un peu sérieux dans notre pays et acceptons que ce ne sont pas tous les Gabonais qui ont la tête déchirée. »

Agondje, la source du mal ?

Dans sa tribune, Obame Ngomo pointe du doigt le dialogue politique d’Agondje d’avril 2024, qu’il considère comme le véritable point de départ des dérives actuelles.
Ce sont, selon lui, les acteurs présents à ce dialogue qui ont adopté les dispositions du nouveau code électoral et décidé du retour de l’organisation des scrutins par le ministère de l’Intérieur. Dès lors, s’en prendre aujourd’hui au ministre Hermann Immongault reviendrait à chercher un bouc émissaire commode pour masquer les erreurs des véritables responsables.

Il parle même d’une « sorcellerie politique », dénonçant l’hypocrisie et l’inconséquence de ceux qui, après avoir tout approuvé hier, se dressent aujourd’hui en donneurs de leçons.

L’État de droit ne se négocie pas

Pour Obame Ngomo, le respect de la loi doit rester la pierre angulaire de la transition menée par le Général Brice Clotaire Oligui Nguema. Annuler des élections sous la pression de la rue ou des réseaux sociaux serait un précédent dangereux pour la République. Il appelle donc chacun à assumer ses choix, notamment ceux qui ont validé les réformes lors du référendum du 16 novembre 2024 et à se tourner vers les voies légales, notamment la Cour constitutionnelle présidée par Dieudonné Aba’a Owono, « le seul juge de la transparence électorale et de la sincérité du scrutin ».

Un avertissement à la classe politique

Télesphore Obame Ngomo n’épargne personne : ni les opportunistes tapis dans les arcanes du pouvoir, ni ceux qui se disent défenseurs de la démocratie mais ne crient que pour leurs “propres poires”. Il dénonce un nombrilisme politique « à vomir » et exhorte les acteurs à crier pour la République, pas pour leurs intérêts.

Dans un style direct, il met en garde contre la tentation de transformer le Président de la Transition en « tour de Babel » politique, le sommant de garder le cap de la légalité et de la raison.

Raison, pas émotion

En conclusion, Télesphore Obame Ngomo rappelle que Brice Clotaire Oligui Nguema n’a trahi aucune promesse. Les élections ont eu lieu, les institutions existent, et les recours doivent suivre la voie du droit, non celle du vacarme.
« Qu’on arrête de distraire les Gabonais », lance-t-il, avant de conclure :

“De la présidence de la République à la Cour constitutionnelle, il n’y a qu’un pas à faire. Pas besoin d’emprunter Air France pour y arriver.”

Une parole de rappel à l’ordre

La tribune de Télesphore Obame Ngomo sonne comme un électrochoc dans un climat politique électrique. Elle ramène le débat sur son terrain naturel : le respect de la loi, la responsabilité politique et la mémoire des luttes démocratiques.
Dans un pays en transition, où les passions s’enflamment vite, cette voix invite à replacer la raison au centre de la République.

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