Libreville envoie un message de discipline à ses partenaires financiers. En révisant profondément son budget 2026, le pouvoir de Brice Oligui Nguema cherche à rompre avec des projections jugées trop ambitieuses et à replacer la crédibilité au centre de la gestion publique. Dans son analyse publiée le 10 août, Fitch Ratings considère que la loi de finances rectificative promulguée le 17 juillet améliore la fiabilité du cadre budgétaire gabonais. Une appréciation importante pour un pays confronté à des besoins élevés de financement et soucieux de rassurer investisseurs et bailleurs.
Le réajustement est conséquent. Les prévisions de recettes ont été abaissées de 23 %, tandis que les dépenses d’investissement reculent de 45 % par rapport aux ambitions du budget initial. Derrière ces diminutions apparaît une volonté : rapprocher les chiffres inscrits dans la loi de finances des capacités réelles de mobilisation des recettes et d’exécution de l’administration. Fitch avait précisément identifié le caractère particulièrement ambitieux des hypothèses initiales, susceptibles de fragiliser la crédibilité de l’ensemble de la programmation financière.
Cette inflexion traduit également la ligne défendue par le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Thierry Minko. L’objectif n’est plus seulement d’afficher de grands volumes d’investissement, mais de disposer d’un budget réalisable et davantage adossé aux performances historiques de l’économie gabonaise. Pour Brice Oligui Nguema, qui a placé les infrastructures et la transformation économique au cœur de son action, l’exercice consiste désormais à concilier ambitions de développement et soutenabilité financière.
Le satisfecit de Fitch reste néanmoins prudent. L’agence anticipe encore un déficit budgétaire de 6,7 % du PIB en 2026 et maintient son attention sur la dette et les conditions de financement du pays. Libreville obtient donc un premier gain de crédibilité, mais pas un blanc-seing. La véritable démonstration interviendra lors de l’exécution : respecter les nouvelles hypothèses, contenir le déficit et démontrer que le réalisme budgétaire peut accompagner les priorités économiques de la présidence Oligui Nguema.
