La Direction Générale des Services Spéciaux (DGSS) a-t-elle intercepté un coup d’État à la veille de la présidentielle ? C’est la question qui commence à crystaliser la réflexion de certains observateurs. A l’occasion d’une enquête menée et qui se poursuit, a mis en lumière récemment un réseau de trafiquants d’armes exerçant dans la capitale provinciale du Moyen-Ogooué, Lambaréné. Selon les informations rendues publiques, le réseau s’étend du Cameroun voisin au Gabon et impliquerait plusieurs individus au sein de l’administration qui serait de facto complice. Une information inattendue dans le contexte actuel qui pourrait laisser penser qu’une dissidence serait en gestation au sein du CTRI, sinon, qui pourrait prendre l’initiative d’acheter des munitions au noir?
C’est une cargaison importante de munitions en provenance du Cameroun qui n’a pas pu passer entre les mailles des forces des défenses. En effet, des munitions de type double zéro ont été saisis dans un camion de type canter en provenance du Cameroun et malicieusement dissimulé dans des paquets de manioc. Selon les informations recueillies par les enquêteurs, ces munitions étaient sur le point d’embarquer pour la capitale provinciale de l’Ogooué Maritime, Port-gentil.
Tout de suite les enquêteurs vont être orientés vers un gabonais de 42 ans qui lui-même aurait été envoyé par sa sœur afin de décharger « les paquets de manioc » qui devait par la suite être acheminé par bateau à Port-gentil. C’est donc de fil en aiguille que les enquêteurs vont mettre la main sur Angel Yeno, commerçante gabonaise censée récupérer le colis une fois arrivé à destination. Une fois sur place on se rend compte que la commerçante faisait partie des deux complices notamment une gabonaise et une ressortissante congolaise.
Dès lors un questionnement important se met de facto à l’ordre du jour. Connaissant le climat sécuritaire très sensible qui prévaut dans la capitale économique gabonaise depuis plusieurs mois, quel était l’objectif de ces munitions ? Dans la ville pétrolière gabonaise, serait-il en train de préparer des événements peu glorieux pour la réputation du Gabon ? Doit-on faire un lien entre les échéances électorales à venir et cette cargaison ?
Autant de questions qui devraient servir aux enquêteurs afin de mettre de la lumière sur ce qui pour le moment est un trafic de munitions, mais pourrait cacher des parties très sombres. À ce niveau il est clair que l’on pourrait parler d’atteinte à la sécurité de l’État. Il ne serait pas étonnant de constater par la suite des interpellations pouvant remonter très haut dans l’échelle administrative.
