Sous l’impulsion du président de la Transition, Brice Oligui Nguema, le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa souveraineté militaire. À Libreville, le mythique camp De Gaulle, jadis bastion de la puissance militaire française en Afrique centrale, change de visage pour devenir un camp partagé axé sur la formation. Une décision politique forte, assumée et symbolique qui reflète la volonté du chef de l’État de redéfinir les contours de la coopération avec l’ancienne puissance coloniale.

Une rupture assumée avec le passé militaire français

Il y a dix ans, plus de 1 200 soldats français occupaient encore le territoire gabonais. En 2025, ils ne sont plus que 200, essentiellement chargés de la formation des forces de défense gabonaises. Ce redimensionnement de la présence militaire française au Gabon s’inscrit dans une dynamique continentale plus large : celle d’une reprise en main des leviers stratégiques par les États africains eux-mêmes, dans une logique de souveraineté et d’autonomisation.

Brice Oligui Nguema l’a affirmé sans détour au micro de Radio France internationale : « Il n’y aura plus de blindés, de chars français ici à Libreville, mais il y aura des instructeurs. » Un message clair, qui résonne comme un tournant historique dans les relations bilatérales.

Vers un pôle de formation militaire sous-régional

Rebaptisé Académie militaire, l’ancien 6e bataillon d’infanterie de marine (6e BIMa) devient aujourd’hui une plateforme d’excellence, au cœur d’une vision ambitieuse : faire du Gabon un centre névralgique de la formation militaire en Afrique centrale. Deux institutions stratégiques ont déjà été intégrées au dispositif :
• L’École d’administration des forces de défense de Libreville (EAFDL), inaugurée en juillet 2024,
• Et bientôt l’Académie de protection de l’environnement et des ressources naturelles (Apern), en réponse aux défis de l’orpaillage illégal et du braconnage.

Sur le terrain, l’alliance se concrétise dans des sessions de formation pragmatiques : perfectionnement au tir de mortier, entraînement au combat urbain, ou encore partage de savoir-faire en milieux extrêmes. Des instructeurs français expérimentés, comme le chef Tony, viennent transmettre des compétences spécifiques, mais toujours dans une logique d’autonomisation des troupes gabonaises.

Un partenariat stratégique repensé

Le colonel Bertrand Jacqmin, chef du 6e BIMa, le souligne : « Tout le panel de savoir-faire des armées françaises peut être déplacé ici », dans une approche mutualisée et respectueuse des priorités gabonaises. Pour le colonel Eric Ivala, commandant de l’EAFDL, il ne fait aucun doute que « ce partenariat représente un avantage stratégique pour le Gabon », dans un contexte géopolitique où la maîtrise des enjeux sécuritaires, démographiques et migratoires est cruciale.

Brice Oligui Nguema, architecte d’une nouvelle souveraineté militaire

Ce virage historique, qui voit un symbole de la présence militaire française devenir un hub de formation africain, porte la marque indélébile de Brice Oligui Nguema. À travers ce geste, il envoie un signal fort : le Gabon n’est plus un simple théâtre d’opérations étrangères, il devient acteur et formateur.

En transformant le camp De Gaulle, le président gabonais dessine une vision lucide et moderne de la défense : coopérative, utile, et au service des intérêts nationaux et régionaux. Une dynamique qui pourrait inspirer bien d’autres capitales africaines.

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