L’interview marquante diffusée sur TV5 Monde a profondément secoué le paysage politique gabonais. Brice Laccruche Alihanga, ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, revient sur les quatre années qu’il a passées en détention, décrivant cette période comme une véritable » mort lente « . Enfermé dans une cellule étroite de six mètres carrés, sans promenade, sans visite, isolé totalement au point de ne plus distinguer le jour de la nuit, il a vécu une privation extrême et une souffrance inhumaine, conditions qu’il qualifie d’ enfer carcéral.
Ce témoignage est d’autant plus poignant qu’il révèle une maladie grave contractée en détention. Il s’agit d’un cancer dont il a pleinement ressenti la menace, redoutant que la maladie ne triomphe de lui avant sa libération. Brice Laccruche Alihanga accuse frontalement la justice gabonaise d’avoir joué un rôle d’instrument politique pour le faire taire. Il dénonce un système verrouillé autour de la famille Bongo, qu’il qualifie de « mafia », et une volonté claire d’éliminer toute opposition au projet dynastique porté par Noureddin Bongo Valentin, le fils aîné de l’ex-président Ali Bongo Ondimba.
L’ancien homme fort du pouvoir raconte comment, en novembre 2019, il a refusé de soutenir Noureddin Bongo dans sa volonté d’accéder à la présidence, alors même qu’Ali Bongo était affaibli par un AVC. Ce refus catégorique, selon lui, a scellé son sort et déclenché sa chute aux enfers. » J’ai dit non au prince qui voulait devenir roi « , affirme-t-il, soulignant qu’il a voulu combattre de l’intérieur une » monarchie héréditaire » qu’il jugeait inacceptable.
Condamné à douze (12) ans de prison pour détournement de fonds publics, dont une partie de la peine a été purgée, Brice Laccruche Alihanga maintient que sa condamnation est une injustice politique, motivée par sa résistance à un système » mafieux » et une dynastie qui écrase toute dissidence. Son avocat a également dénoncé la maltraitance et la déshumanisation dont il a été victime en prison.
Par ce témoignage courageux, Brice Laccruche Alihanga donne un visage humain au combat politique gabonais et dénonce un système politique qui broie ceux qui refusent de se soumettre, brisant le silence sur les violences du pouvoir et appelant à un changement profond.
