Il est des postures politiques qui confinent à l’absurde, et des retournements qui frisent le ridicule. L’ancien ministre tout-puissant, porte-parole d’Ali Bongo Ondimba, plusieurs fois ministre d’État et même Premier ministre du régime déchu le 30 août 2023, Alain Claude Bilié-By-Nzé, s’érige désormais en donneur de leçons. Lui, qui a été l’un des plus fidèles serviteurs du Parti démocratique gabonais (PDG), vient aujourd’hui, sans honte ni mémoire, jouer les procureurs en traitant le PDG et l’UDB de « deux mamelles du même mal ».
Le faux prophète de la vertu
Il faudrait rappeler à M. Bilié-By-Nzé que si le Gabon a traversé des années de mauvaise gouvernance, d’opacité et d’inégalités criantes, il en fut l’un des architectes et l’un des avocats les plus bruyants. À chaque micro, à chaque plateau, il défendait avec une hargne sans faille un système qu’il qualifie aujourd’hui de « désastre ». Comment peut-on dénoncer avec autant de verve les maux dont on a été l’un des grands comptables ?
Un opposant par défaut, pas par conviction
Qu’on ne s’y trompe pas : Bilié-By-Nzé n’est pas devenu opposant par conviction démocratique, mais par défaut, parce que l’histoire l’a rejeté. Ses mots n’ont donc rien d’un cri de vérité, ils ne sont qu’une aigreur, un règlement de comptes, le discours d’un homme que le pouvoir a quitté et qui, aujourd’hui, croit pouvoir réécrire son rôle.
Quand le pyromane crie au feu
Entendre celui qui a longtemps justifié le parti unique de fait, les élections verrouillées et les décisions iniques d’un régime honni, accuser d’autres de « mensonge et de duplicité », relève d’une ironie presque comique. C’est le pyromane qui crie au feu, le maître d’œuvre du désastre qui se cache derrière le masque du justicier.
La vraie différence
La différence entre le PDG hier et la transition aujourd’hui est pourtant nette : un cap a été fixé pour assainir le pays, restaurer la confiance, et poser les bases d’un Gabon nouveau. Un processus long, exigeant, imparfait parfois, mais sincère dans son ambition. Contrairement aux années où M. Bilié-By-Nzé occupait le devant de la scène, il ne s’agit plus d’enfermer le Gabon dans une illusion de démocratie, mais de construire pas à pas les instruments d’une vraie refondation.
Qu’Alain Claude Bilié-By-Nzé se souvienne : le Gabon n’a pas la mémoire courte. Les Gabonais savent qui a servi le système Bongo de toutes ses forces, qui a défendu l’indéfendable et qui, aujourd’hui, tente de se racheter une virginité politique sur les réseaux sociaux. Ses leçons sont celles d’un ancien acteur du désastre, et ses critiques sonnent creux, parce qu’elles viennent d’un homme qui fut aux commandes du naufrage.
L’histoire retiendra qu’il a été l’un des fidèles artisans d’un régime dont il prétend aujourd’hui dénoncer les travers. En vérité, s’il y a « mensonge, tromperie et duplicité », c’est bien dans sa volte-face qu’on les trouve.
