La journée du samedi 10 janvier a marqué un tournant décisif dans la crise qui paralysait l’école gabonaise depuis plusieurs semaines. Alors que le gouvernement espérait calmer la colère des enseignants par le paiement partiel des vacations, la base syndicale, réunie sous la bannière de S.O.S Éducation, a opposé une fin de non-recevoir ferme lors de ses assemblées générales à Libreville et dans les provinces. Face au risque d’un enlisement durable, Brice Oligui Nguema, est intervenu directement pour exiger une réponse politique de fond, rompant avec la logique des mesures provisoires.
Depuis la mi-décembre, la grève illimitée a mis en lumière une crise structurelle de la fonction publique enseignante, marquée par la précarité, les carrières bloquées et des milliers de situations administratives non réglées. Les syndicats ont dénoncé des années de promesses non tenues et ont rejeté les bons de caisse jugés humiliants, exigeant des solutions écrites, chiffrées et programmées. C’est dans ce climat de défiance que Brice Oligui Nguema a donné instruction à son gouvernement de produire une réponse immédiate et crédible.
Sous cette impulsion présidentielle, un communiqué interministériel a annoncé l’ouverture de 300 postes budgétaires ciblant en priorité les enseignants bénévoles, les sortants d’écoles et les professeurs de sciences, secteurs particulièrement affectés par la pénurie de personnel. Cette mesure vise à stabiliser le système éducatif et à intégrer des milliers d’enseignants qui exerçaient jusque-là dans des conditions précaires, sans statut clair ni sécurité professionnelle.
L’autre décision majeure concerne la régularisation de 3 000 situations administratives, un point central du cahier de revendications syndical. Cette annonce constitue une reconnaissance officielle du dysfonctionnement accumulé depuis des années dans la gestion des carrières et ouvre la voie à une remise à plat du fichier des enseignants, de leurs droits et de leurs évolutions salariales.
Pour garantir la crédibilité de ces engagements, un calendrier strict a été imposé, avec des réunions dès le 11 janvier et la tenue rapide de la Commission tripartite sous l’autorité du Vice-président du gouvernement. Une commission de suivi mensuelle a également été instaurée, sur instruction de Brice Oligui Nguema, afin d’éviter toute dérive et de sécuriser une sortie durable de crise.
