À 51 ans, Brice Clotaire Oligui Nguema incarne l’un des parcours politiques les plus singuliers d’Afrique centrale ces dernières années. Né le 3 mars 1975 à Ngouoni, dans le Haut-Ogooué, l’ancien chef de la Garde républicaine est passé du statut d’officier influent dans l’appareil sécuritaire à celui de président de la République élu au suffrage universel en avril 2025.
Formé à l’Académie royale militaire de Meknès, au Maroc, il gravit les échelons au sein des forces armées gabonaises jusqu’à prendre, en 2020, la tête de la Garde républicaine. Cette position stratégique le place au cœur du pouvoir sous la présidence d’Ali Bongo Ondimba, dans un contexte de tensions politiques croissantes et de contestation sociale latente.
Le 30 août 2023 marque un tournant. À la suite de l’annonce des résultats controversés de l’élection présidentielle, il conduit un coup d’État qualifié de « sans effusion de sang » par ses partisans, mettant fin à plus de cinq décennies de domination de la famille Bongo. Il dirige alors le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) avec la promesse d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
La transition débouche sur l’adoption d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’une élection présidentielle le 12 avril 2025, qu’il remporte avec plus de 90 % des suffrages. Investi le 3 mai pour un mandat de sept ans, il devient le quatrième président de la République gabonaise.
Depuis son élection, Brice Oligui Nguema met en avant la diversification économique, la réduction du train de vie de l’État et des négociations avancées avec le FMI. Figure saluée par ses soutiens comme un « restaurateur de la dignité nationale », il demeure observé par ses critiques sur les enjeux de libertés publiques et de concentration du pouvoir. À 51 ans, son mandat entre désormais dans la phase décisive de la consolidation.
