Brice Oligui Nguema continue de redessiner la carte des partenariats africains du Gabon. Après son arrivée à Banjul, le chef de l’État gabonais a placé son entretien avec Adama Barrow sous le signe du pragmatisme et de la coopération Sud-Sud. L’objectif est clair : rapprocher deux pays appartenant à des espaces régionaux différents, mais désireux d’exploiter davantage leurs complémentarités économiques, diplomatiques et institutionnelles.

La rencontre au State House a permis aux deux présidents de convenir d’une nouvelle feuille de route. Celle-ci sera soutenue par un Accord général de coopération et par la création d’une Commission mixte, appelée à devenir le principal organe de pilotage de la relation bilatérale. Ce dispositif doit permettre aux ministères, aux administrations et aux acteurs économiques de disposer d’un cadre régulier pour concevoir, financer et suivre des projets communs.

Deux autres textes complètent cette architecture. Le premier supprime l’obligation de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service, facilitant ainsi la mobilité des représentants officiels. Le second instaure des consultations politiques et diplomatiques régulières. Libreville et Banjul pourront désormais échanger plus systématiquement sur les enjeux de sécurité, de souveraineté, d’intégration africaine et de représentation du continent dans les enceintes internationales.

Derrière le rapprochement politique se dessine une ambition économique. Le Gabon veut attirer des investissements, développer ses échanges commerciaux et offrir de nouvelles possibilités à ses entreprises dans les secteurs de l’agriculture, du tourisme, de la culture, de la formation et des services. La Gambie, de son côté, peut constituer une porte d’entrée supplémentaire vers l’Afrique de l’Ouest, tandis que le Gabon offre des perspectives en Afrique centrale et dans plusieurs filières liées aux ressources naturelles.

Cette visite permet surtout à Brice Oligui Nguema d’affirmer une diplomatie plus mobile et plus offensive sur le continent. Son pari consiste à transformer les relations politiques en alliances économiques capables de soutenir l’emploi, les compétences et la croissance. La Commission mixte sera le premier test de cette ambition : elle devra faire passer les deux pays du langage de la fraternité africaine à celui des investissements, des projets exécutés et des résultats partagés.

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