Marius Nkori veut changer la manière dont le Gabon pense son argent. En lançant le FONED 2026, l’Administrateur Directeur Général de la CDC ne s’est pas contenté de défendre l’épargne : il a esquissé une nouvelle doctrine de financement dans laquelle le pays mobiliserait davantage ses propres ressources avant d’aller chercher celles des autres. Pour une économie qui doit financer simultanément infrastructures, énergie, industrialisation, logement et développement territorial, l’enjeu est loin d’être théorique.

La stratégie repose sur une idée forte : le capital existe déjà, mais il est mal mobilisé. Les dépôts bancaires dorment trop souvent sur des horizons courts, les ressources institutionnelles restent insuffisamment dirigées vers les grands projets, et la diaspora n’est pas encore considérée à la hauteur de son potentiel d’investissement. Marius Nkori veut donc construire une chaîne capable de capter ces ressources, de les sécuriser et de les convertir en financement de long terme.

La CDC se voit ici attribuer un rôle beaucoup plus ambitieux. Elle veut être la plateforme qui rassure, structure et accompagne, tout en laissant aux banques et aux investisseurs leur propre espace. Ce positionnement est stratégique : celui qui contrôle la capacité à mobiliser l’épargne contrôle en partie la capacité à financer les priorités nationales. Sans le dire frontalement, Marius Nkori pose donc la CDC comme un rouage majeur de la souveraineté économique gabonaise.

La diaspora est l’un des paris les plus intéressants du dispositif. Le Gabon veut désormais parler à ses ressortissants à l’étranger comme à des investisseurs potentiels. Mais le passage des transferts familiaux à l’investissement productif ne se fera pas par injonction. Il faudra des produits crédibles, des garanties et une transparence à la hauteur des attentes. DIASDEV doit servir à mesurer cette confiance, tandis qu’OKIRA 241 est appelée à explorer des solutions concrètes.

Le plus difficile commence toutefois maintenant. Les forums africains produisent souvent des diagnostics brillants et peu de mécanismes durables. Marius Nkori le sait et a pris soin de dire que le FONED ne devait pas être « un colloque de plus ». La phrase l’engage. Si la CDC parvient à faire émerger des véhicules d’investissement efficaces et à attirer réellement l’épargne gabonaise vers l’économie productive, le FONED pourra devenir bien davantage qu’un rendez-vous institutionnel : un outil de reconfiguration du financement national.

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