Le professeur Noël Bertrand Boundzanga a récemment tenu une conférence de presse à Libreville. Pendant cet exercice, l’homme de science a dressé ce qu’il estime être les anomalies du Comité de la Transition pour la Restauration des Institutions (CTRI). Sans être allé du dos de la cuillère, il a dressé un portrait peu reluisant de l’avenir de la démocratie au Gabon. Pour cet universitaire, Oligui Nguema est un faux meneur.
Enseignant chercheur à l’université Omar Bongo, Noël Bertrand Boundzanga par ailleurs président de la Commission politique du Dialogue national inclusif d’avril 2024, a réuni la presse à l’occasion d’une conférence de presse organisée à Libreville. Il s’agissait de livrer au grand public son analyse sur les attentes qui se sont finalement avérées être des déceptions par rapport au CTRI et à la transition au Gabon.
«Nous avons cru que les militaires avaient réalisé un coup de libération le 30 août 2023. Mais après un an et quatre mois, il est clair que c’était du mauvais vin. Ce vin-là, il faut le vomir », a déclaré le scientifique. Il a énuméré dix anomalies majeures qu’il considère comme le cancer de la restauration des institutions et constitue un frein à l’instauration d’une véritable démocratie.
En premier, il a identifié le non-respect de la parole donnée : À savoir, la promesse des élections libres en vue de remettre, au terme de la Transition, le pouvoir aux civils. Pour qualifier cela de mensonges, le professeur Noël Bertrand Boundzanga s’appuie sur des rumeurs faisant état de la prochaine candidature du Général Brice Clotaire Oligui Nguema.
Autre élément jugé important pour le professeur, le retour des acteurs que le peuple pensait devenir du passé. Cette situation laisserait présager que le Parti démocratique gabonais (PDG) continuerait à gérer les différentes institutions soit de manière assez claire, soit de manière voilée en tirant les ficelles dans l’ombre. «Qui a fraudé les élections et détourné les deniers publics pendant des décennies ? Les mêmes qui siègent aujourd’hui», s’interroge-t-il.
De plus, pour lui, un mode de recrutement et de nomination jugé clientéliste. En effet, le constat dressé par ce dernier est que les nominations sont faites sur des bases qui échappent souvent à la compétence et à la méritocratie. Les éléments majeurs qui seraient mis en avant pour les nominations sont des liens de sang et des affinités.
Les autres éléments mis en avant sont la montée du tribalisme, l’affaiblissement des services sociaux, l’absence de justice, le manque de transparence et l’absence de vision républicaine. Autant de points qui ont été mis en lumière par le professeur Noël Bertrand Boundzanga. «Le passé ne passe pas, il persiste à rester. Nous n’avons pas le droit de laisser les choses en l’état» a-t-il ajouté.
Il a conclu sa conférence en appelant à une prise de conscience collective vu le contexte de réforme de la pratique politique. Pour lui, si les autres restaurations ne sont pas possibles, celles liées aux mentalités est de l’apanage de tout un chacun et nécessite à ce prix l’intérêt de chacun.
