Comme un ère de déjà vu au goût amer, une association des jeunes du 6e arrondissement de Libreville a organisé sans trop d’obstacles une marche en faveur de la paix. Mais de quelle paix parle-t-on exactement ? Dans un contexte où les foyers et les entreprises sont exaspérés par l’impuissance de la Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG) à répondre à ses engagements. C’est de la distraction pure. Sur le terrain, il n’y a aucun signal de violence à venir. Le contexte actuel, et les forces en présence ne donnent pas à l’opinion publique de penser à des risques de soulèvement. Sauf si bien sûr, l’association a des informations que le grand nombre ignore.
Le 7 février 2025 à Libreville, le Mouvement des Jeunes du 6e arrondissement de la commune de Libreville a organisé une marche dite marche de la paix. Si toute initiative pour la paix est de facto louable, un questionnement se pose par rapport au contexte Gabon. Pourquoi organiser une marche pour la paix alors que celle-ci n’est même pas menacée ? De toutes les causes à défendre en ce moment au Gabon la paix est-elle une véritable priorité ?
C’est une marche qui aurait mobilisé plus de 200 personnes à en croire les chiffres annoncés sur la page officielle du Mouvement des jeunes du 6e arrondissement (MJ6). Selon le même communiqué :
“ Dans le cadre de la marche pour la non-violence, tout comme plusieurs autres associations, le Mouvement des jeunes du 6e arrondissement de Libreville a effectué une marche solidaire pour le maintien de la paix au Gabon en période électorale”.
Seulement on est en droit de se demander quelle est la réelle motivation derrière cette marche. En effet, si la raison évoquée officiellement est la recherche du maintien de la paix au Gabon, il est clair que le Gabon est un pays en paix et que tout porte à croire qu’il le restera. Au dernière nouvelle, rien ne semble menacer la paix au Gabon. Partant de ce postulat: organiser une marche pour la paix se présente comme un non évènement.
Au regard du contexte social actuel très marqué par des délestages importants, la question du droit à l’électricité aurait été plus d’actualité et en phase avec les aspirations populaires. Mais au lieu de cela, la marche prévue ce même samedi pour dénoncer les coupures abusées d’électricité a simplement été annulée au regard du refus du Ministère de l’Intérieur de l’autoriser, c’est donc une cause sans enjeu qui a obtenu le quitus de la tutelle.
À l’approche de l’élection présidentielle ce genre de mouvement mériterait d’être encadré plus strictement car même si nous faisons mine de l’ignorer, il est clair que nous sommes très souvent dans de l’agitation politique, le marchandage et le positionnement économico-politique.
