En présidant, le 3 juillet 2025, une séance de travail hautement stratégique au Palais du Bord de Mer, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a posé un acte fondateur : celui de la reconquête de la souveraineté alimentaire du Gabon, érigée désormais en pilier de sa doctrine de gouvernance.
Dans une époque marquée par les instabilités géopolitiques et la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondialisées, le choix présidentiel relève moins de l’intendance que d’une vision géoéconomique affirmée, presque subversive : désarrimer le destin du pays de la dépendance importée, notamment dans le domaine vital de l’alimentation.
Une rupture assumée : produire ou périr
L’annonce de l’interdiction progressive des importations de viande de poulet qui prendra effet en janvier 2027 n’est pas un simple décret administratif. C’est un acte de souveraineté économique, une réaffirmation de l’autarcie maîtrisée, pensée non pas comme repli, mais comme émancipation productive.
Pour matérialiser cette vision, le gouvernement engage la construction de six fermes avicoles intégrées, étendues sur des centaines, voire des milliers d’hectares. Ce projet d’envergure mobilisera le génie militaire, démontrant que l’agriculture devient un front stratégique, au même titre que la défense ou les infrastructures.
“Le Président a donné instruction. Nous sommes dans l’ère de la concrétisation”, martèle Nicolas Nguema, conseiller spécial chargé de l’Entrepreneuriat, du Travail et de l’Emploi.
Une stratégie holistique : maîtriser la chaîne, de la semence à l’assiette
Au-delà des fermes, l’État entend reconstituer la matrice agricole du pays. Le véritable défi réside dans la production locale de provende – cette nourriture pour volaille, composée essentiellement de maïs et de soja. Objectif : 200 000 tonnes par an, soit l’exploitation de 24 000 hectares de terres fertiles.
Ce n’est plus un projet, mais une refondation agroéconomique. Le pouvoir ambitionne de structurer une filière complète, mobilisant des jeunes agri-entrepreneurs, des coopératives, et un tissu d’acteurs nationaux pour bâtir une économie circulaire à haute intensité de main-d’œuvre.
“Il s’agit de créer une industrie endogène, de capillariser l’économie sur l’ensemble du territoire”, analyse un ingénieur agronome.
Oligui Nguema, architecte d’un néo-développement
L’analyse sous-jacente est limpide : un pays qui ne nourrit pas sa population abdique une part de sa souveraineté. À travers cette initiative, Oligui Nguema ne cherche pas à gérer le pays, il entend le refonder sur des bases durables et organiques, rompant avec des décennies de dépendance et d’improvisation structurelle.
Sa démarche s’inscrit dans une logique de décolonisation économique, où l’alimentation devient l’un des nouveaux champs de bataille de l’indépendance réelle. Cette vision, audacieuse et stratégique, préfigure un Gabon productif, enraciné dans ses terroirs, maître de ses cycles agricoles, et vecteur de prospérité partagée.
Un tournant historique
À travers cette initiative, Oligui Nguema s’érige non seulement en chef d’État, mais en stratège du relèvement national. Il réhabilite le travail de la terre, redonne une valeur politique à la production locale, et insuffle une nouvelle ambition collective : celle de vivre de nos ressources, par nous-mêmes, pour nous-mêmes.
Le chantier est colossal, mais le cap est clair : refuser la servitude par la dépendance alimentaire, et ériger la production nationale en acte de résistance, d’identité et de puissance.


