Dans un climat de suspicion soigneusement entretenu par certains cercles, le procureur général de la cour d’appel judiciaire de Libreville, Eddy Minang, a brisé le silence et frappé fort. Face aux critiques et insinuations entourant la mise en liberté provisoire de Sylvia Bongo Ondimba Valentin et de son fils Noureddine Bongo Valentin, le magistrat a tenu à remettre les pendules à l’heure. Avec calme, mais sans concession.
« Je n’ai commis aucune erreur de droit. »
Cette déclaration ferme, presque cinglante, a été prononcée devant la presse lors d’un point de presse qui aura marqué un tournant dans cette affaire hypermédiatisée. Loin de se laisser entraîner dans le tumulte des commentaires approximatifs et des procès d’intention, Eddy Minang a réaffirmé l’indépendance et la rigueur du droit gabonais.
Le droit, rien que le droit
En s’appuyant sur l’article 143 du Code de procédure pénale gabonais, le procureur a rappelé que la mise en liberté provisoire est une mesure parfaitement légale, encadrée par des règles claires et connues de tous les professionnels du droit. Les conditions sont définies, les procédures respectées. Accuser cette mesure de « détention arbitraire » relève, selon lui, de la mauvaise foi ou de la pure ignorance juridique.
« Il est temps que certains arrêtent de prendre le droit pour un instrument de communication ou de victimisation. »
Des attaques sans fondement… et sans rigueur
La défense de la famille Bongo, ou du moins certains de ses avocats, n’ont pas hésité à évoquer une violation des principes fondamentaux, en insinuant que la justice gabonaise aurait agi en dehors du droit. Une accusation que le procureur balaie d’un revers de main, la qualifiant de “ridicule” et dénonçant un “manque de rigueur juridique” flagrant.
Et lorsque l’on sait que certains de ces avocats s’expriment dans les médias français, il était inévitable que Minang rappelle les exigences déontologiques de leur propre ordre : l’article 10 du règlement intérieur des barreaux de France, ainsi qu’un arrêt de la Cour de cassation de 2010, rappelant à tout avocat son devoir de réserve, de dignité et de modération.
Un discours de vérité face à l’arrogance postcoloniale
Au-delà du débat strictement judiciaire, ce point de presse a aussi eu le mérite de crever un abcès plus large : celui du regard condescendant que certains milieux étrangers continuent de poser sur les institutions africaines. Pour Eddy Minang, cette attitude relève d’un “héritage toxique du colonialisme”, qui suppose encore, en 2025, que l’Afrique ne puisse appliquer le droit sans supervision extérieure.
« Le Gabon n’a pas besoin d’un tuteur juridique international. Notre justice est debout. Elle travaille. Elle rend des décisions fondées sur le droit, pas sur l’émotion ou les pressions. »
Un signal fort envoyé à tous les acteurs
Ce rappel à l’ordre n’était pas destiné qu’aux avocats et aux commentateurs de salon. Il s’adresse à tous ceux qui tentent d’instrumentaliser la justice gabonaise à des fins politiques ou médiatiques. C’est un avertissement clair : la justice ne pliera ni devant la peur, ni devant les campagnes de discrédit orchestrées de l’extérieur.
Le Gabon nouveau ne se construira pas avec des postures, mais avec des principes. Et dans ce combat-là, la voix d’un procureur comme Eddy Minang vaut mille communiqués de presse.
