Ils fuient. Pas la justice, mais la vérité. Alors que le procès de Sylvia Bongo Ondimba et de son fils Noureddin Bongo Valentin est fixé au 10 novembre à Libreville, les intéressés annoncent qu’ils ne se présenteront pas. Prétexte invoqué : un “procès spectacle”. En réalité, c’est un effondrement silencieux face à un dossier judiciaire d’une violence factuelle rare.

Depuis Londres, où ils se sont installés après avoir bénéficié, ironie suprême d’une autorisation médicale de sortie du territoire accordée par la justice gabonaise elle-même, l’ex-première dame et son fils organisent leur fuite. Pas une fuite désespérée, mais une fuite stratégique, savamment habillée d’arguments juridiques, pour échapper à une vérité qui les écrase : plus de 3 000 milliards de francs CFA détournés, 300 milliards déjà saisis.

Un duo qui se dérobe à la justice d’un pays qu’il a saigné

À deux reprises, Sylvia Bongo et son fils ont été convoqués. À deux reprises, ils ont refusé de comparaître. Aujourd’hui, leur avocat parle de “justice aux ordres”, de mise en scène judiciaire. Pourtant, c’est cette même justice qu’ils ont utilisée pour quitter le territoire. Peut-on sérieusement parler de procès politique lorsqu’on a obtenu de cette même institution une sortie libre vers l’Europe ?

Ce double discours n’est plus une ligne de défense : c’est une démonstration de duplicité, un aveu en creux que la justice gabonaise possède les preuves, que le procès sera accablant, et que la seule stratégie encore viable est l’évitement.

Londres, nouveau refuge des fortunes volées ?

Aujourd’hui, le Royaume-Uni est placé face à ses responsabilités. Le gouvernement britannique peut-il continuer à offrir un havre à ceux que la justice africaine accuse de pillage systémique ? Peut-il se permettre de fermer les yeux sur la fortune accumulée par cette famille, pendant que le peuple gabonais survivait dans la précarité ?

L’Angleterre est un État de droit. Elle ne peut pas devenir le bastion moralement aveugle des kleptocraties africaines déchues. Refuser d’extrader, c’est consentir. Accueillir sans interroger, c’est blanchir.

La fin d’un système, le début d’un compte à rebours

À Libreville, ce procès n’est pas perçu comme un règlement de comptes politique, mais comme le point de bascule d’un pays qui veut solder ses comptes avec des décennies de prédation. Les nouvelles autorités gabonaises entendent faire la lumière sur un système de détournement structuré, consolidé au sommet de l’État.

Ce que Sylvia Bongo et Noureddin refusent, ce n’est pas un tribunal : c’est de rendre des comptes. C’est d’expliquer comment des milliards destinés aux hôpitaux, aux écoles, aux routes, se sont volatilisés, pendant qu’eux bâtissaient une fortune et un réseau international.

Ils fuient car ils savent. Ils savent que le dossier est bouclé. Que les preuves sont là. Et que le silence, en l’espèce, les condamne bien plus sûrement qu’une décision judiciaire.

Le Gabon ne regarde plus en arrière. L’impunité s’efface. La justice avance. Le peuple aussi.

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