Au Gabon, la question des hauts salaires dans les entreprises publiques est devenue un sujet explosif. Et le président Brice Oligui Nguema a décidé d’y répondre frontalement. Lors du dernier Conseil des ministres, il a chargé le ministre de l’Économie de préparer un cadre juridique destiné à plafonner les rémunérations des dirigeants des établissements publics et sociétés contrôlées par l’État.
Cette annonce intervient alors que les critiques contre les privilèges de certains hauts responsables se multiplient dans le pays. Beaucoup de Gabonais dénoncent depuis des années des écarts de revenus considérables entre dirigeants publics et agents ordinaires de l’administration. Le gouvernement estime désormais que ces pratiques contribuent à alourdir dangereusement les dépenses salariales de l’État.
Le futur dispositif concernera quasiment toutes les structures à capitaux publics. Des grandes entreprises nationales aux sociétés d’économie mixte, plusieurs responsables pourraient voir leurs avantages revus à la baisse. Le texte devra préciser les plafonds autorisés et les mécanismes de contrôle destinés à empêcher les contournements.
Pour les autorités, l’enjeu dépasse largement la seule question budgétaire. Il s’agit aussi de répondre à une forte attente populaire en matière de justice sociale et d’exemplarité. Dans un contexte économique marqué par des arbitrages difficiles, le pouvoir veut montrer que les élites administratives seront elles aussi concernées par les efforts de rationalisation.
Cette réforme pourrait toutefois rencontrer des résistances importantes. Plusieurs observateurs rappellent que de nombreuses tentatives de moralisation de la gestion publique ont déjà été annoncées par le passé sans produire les effets attendus. Brice Oligui Nguema joue donc une partie importante de sa crédibilité politique sur ce dossier particulièrement sensible.


