Faire de l’eau un droit effectif plutôt qu’une promesse : tel est le défi lancé par les dirigeants africains réunis à N’Djamena. Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a pris une place importante dans les débats de la première journée du Forum africain de l’eau, organisé par le gouvernement tchadien avec le soutien du Groupe de la Banque mondiale. Cette rencontre continentale, placée sous le thème « De la vision à l’action », ambitionne d’accélérer les investissements dans les infrastructures hydrauliques afin de répondre à l’un des défis les plus pressants auxquels l’Afrique est confrontée.

En marge de l’événement, le chef de l’État gabonais s’est entretenu avec son homologue tchadien Mahamat Idriss Déby Itno, en présence du président béninois Romuald Wadagni. Les échanges ont précédé la cérémonie officielle d’ouverture, au cours de laquelle plusieurs dirigeants africains ont partagé leurs expériences nationales et appelé à une coopération plus étroite pour améliorer l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement sur l’ensemble du continent.

Lors de son intervention, Brice Oligui Nguema a rappelé qu’un continent aussi riche en ressources hydriques ne pouvait accepter que des millions de personnes soient encore privées d’eau potable. Selon lui, cette réalité impose de dépasser les constats pour engager des réformes profondes. Il a insisté sur le fait que l’eau représente un enjeu transversal, conditionnant aussi bien la santé des populations que le développement économique, la sécurité alimentaire et l’attractivité des territoires.

Le président gabonais a ensuite présenté les principales mesures mises en œuvre au Gabon pour moderniser le secteur. Parmi elles figurent l’adoption d’un Code de l’eau, la réorganisation de la SEEG avec une séparation des activités liées à l’eau et à l’électricité, ainsi que l’élaboration d’un Pacte national hydrique destiné à structurer les investissements futurs. Revenant sur l’état d’urgence hydrique décrété au premier semestre 2026, il a estimé que les ressources naturelles ne produisent des résultats que lorsqu’elles sont accompagnées d’une gouvernance efficace et d’infrastructures adaptées aux besoins des populations.

En clôture de son discours, Brice Oligui Nguema a invité les États africains, les bailleurs internationaux et les acteurs privés à bâtir un partenariat plus ambitieux afin d’accélérer les projets hydrauliques sur le continent. Il a également défendu une meilleure valorisation des compétences africaines dans la conception et l’exécution des grands ouvrages. Les travaux du Forum, officiellement ouverts par Mahamat Idriss Déby Itno, devraient permettre de dégager de nouvelles pistes de coopération pour renforcer durablement la sécurité hydrique en Afrique, tout en favorisant une intégration régionale plus affirmée.

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