C’est un accord qui pourrait profondément modifier le paysage industriel gabonais. En visite officielle à Paris, Brice Clotaire Oligui Nguema a obtenu d’Eramet un engagement inédit : transformer jusqu’à 700 000 tonnes de manganèse par an directement au Gabon d’ici 2031. Une décision qui marque une rupture avec un modèle longtemps fondé sur l’exportation du minerai brut et qui ouvre la voie à une industrialisation plus poussée du premier producteur mondial de manganèse à haute teneur.
L’accord a été signé à l’Élysée en présence d’Emmanuel Macron et s’inscrit dans la stratégie économique portée par le président gabonais. Depuis plusieurs mois, Libreville multiplie les initiatives afin d’inciter les entreprises exploitant les ressources naturelles du pays à investir dans des unités de transformation locales. L’objectif affiché est de conserver une plus grande part de la richesse produite sur le territoire national.
Concrètement, Eramet prévoit plusieurs projets industriels d’envergure. Une usine d’oxyde de manganèse sera construite afin d’approvisionner notamment le marché des batteries électriques. Le Complexe métallurgique de Moanda sera modernisé pour accroître sa production d’alliages, tandis qu’une nouvelle usine capable de produire jusqu’à 265 000 tonnes d’alliages par an verra le jour près du littoral gabonais. Le programme comprend également le développement d’une filière de biocharbon destinée à rendre la production plus respectueuse de l’environnement.
Le partenariat ne se limite pas aux infrastructures. Il prévoit également la mise en place du fonds « Fabriqué au Gabon », destiné à soutenir les PME nationales appelées à travailler avec les grands industriels du secteur minier. Selon les projections avancées, près de 3 000 emplois pourraient être créés grâce à ces investissements, avec un accent particulier mis sur la formation des travailleurs gabonais et le développement des compétences locales.
Pour Brice Oligui Nguema, cet accord représente un succès diplomatique autant qu’économique. Il confirme la volonté du Gabon de redéfinir ses relations avec les investisseurs étrangers autour d’un principe simple : exploiter les ressources naturelles doit désormais contribuer directement à l’industrialisation du pays. La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de la réalisation des investissements annoncés et du développement des infrastructures nécessaires à leur fonctionnement.
