Si certains gestes politiques passent inaperçus, celui posé par Brice Oligui Nguema sur le manganèse a fait l’effet d’une secousse continentale. En s’attaquant frontalement à la structure minière héritée de la FranceAfrique, le président gabonais a envoyé un signal clair : le rapport de force a changé.
L’annonce de la fin de l’exportation brute du manganèse d’ici 2029 a bouleversé les équilibres. Le Gabon entend désormais transformer localement son minerai, contraignant ainsi Eramet à revoir totalement son modèle économique dans le pays. Cette décision a été prise de manière directe, sans négociation préalable.
Le groupe français, pris de court, a réagi en urgence en dépêchant sa direction à Libreville. Mais sur place, ils ont trouvé un président inébranlable, réaffirmant que cette orientation industrielle constituait une décision souveraine. La logique imposée par la FranceAfrique n’était plus d’actualité.
Face à cette nouvelle réalité, Eramet s’est résolu à accepter les conditions gabonaises. Les annonces se sont succédé : investissements renforcés, engagements structurants et surtout construction d’une usine de transformation sur place. Un changement stratégique majeur.
La visite d’Emmanuel Macron en novembre 2025 est venue sceller ce basculement. Pour de nombreux analystes, Brice Oligui Nguema vient de porter l’un des coups les plus significatifs à la FranceAfrique en brisant un mécanisme économique vieux de plusieurs décennies.
