Le président gabonais Brice Oligui Nguema semble déterminé à transformer son pays en puissance industrielle, et le retour de Gagan Gupta dans le secteur minier s’inscrit pleinement dans cette dynamique. L’homme d’affaires, autrefois omniprésent dans l’agro-industrie via Olam, revient avec une ambition nouvelle : dominer la filière du manganèse, un minerai stratégique pour le Gabon. Le financement monumental de 171 milliards de FCFA accordé par Afreximbank donne à A2MP une avance spectaculaire.
L’entreprise familiale de Gupta dispose déjà de plusieurs gisements de manganèse et développe un projet de fer. Mais le véritable pivot, celui qui change les règles du jeu, reste la mise en place d’une aciérie de ferro-alliages. Un choix en phase directe avec la décision du gouvernement : mettre fin à l’exportation de manganèse brut à l’horizon 2029.
Afreximbank, en mobilisant un tel financement, mise sur un modèle qui favorise la transformation locale. Le Gabon veut sortir du schéma classique où les matières partent brutes et reviennent transformées à prix fort. Gupta, avec A2MP, apparaît comme le candidat idéal pour mener ce changement.
La future aciérie pourrait hisser le Gabon au rang des producteurs transformateurs de manganèse, un statut réservé à très peu de pays africains. L’accès de Gupta à des financements massifs, combiné à son réseau étendu, lui donne un avantage considérable dans cette course.
Pour le gouvernement gabonais, cette montée en puissance n’est pas un hasard. Elle s’inscrit dans une stratégie claire : industrialiser pour sortir de la dépendance brute. Gupta, ancien partenaire du pouvoir, redevient ainsi un acteur central, capable de transformer une politique ambitieuse en réalité économique.
