C’est un déplacement hors normes pour la présidence gabonaise : près de dix heures de route, un imposant convoi et des arrêts successifs au milieu des populations. Jeudi 27 août 2026, Brice Oligui Nguema a rallié Makokou en voiture depuis Ngouoni, dans le Haut-Ogooué. Le président gabonais est arrivé dans la soirée dans la capitale de l’Ogooué-Ivindo, au terme d’un trajet particulièrement long qui contraste avec les déplacements aériens habituellement privilégiés pour couvrir de grandes distances.
Pendant plusieurs heures, le cortège a progressé à travers l’intérieur du pays en traversant différentes localités. Mais le président n’est pas resté enfermé dans son véhicule jusqu’à Makokou. À plusieurs reprises, il s’est arrêté pour rencontrer les habitants. Otala, Ngoma, Makebe, Zolende et Okondja font partie des étapes de ce parcours au cours duquel Brice Oligui Nguema a échangé avec les populations et pris connaissance de leurs principales préoccupations.
Le choix de la voiture n’est pas anodin. Pendant près de dix heures, le chef de l’État a emprunté les mêmes axes que les habitants des provinces et observé directement les contraintes de déplacement dans l’intérieur du Gabon. État de la chaussée, longueur des distances, difficultés d’accès à certaines localités : le président s’est retrouvé confronté aux réalités matérielles qui structurent la vie quotidienne de milliers de Gabonais. Une immersion qui donne au déplacement une dimension beaucoup plus politique qu’un simple voyage officiel.
Ce trajet est présenté comme inédit par son ampleur dans l’histoire politique récente du pays. Rarement un président gabonais aura passé autant de temps sur la route pour relier deux provinces dans le cadre de ses fonctions. Pour Brice Oligui Nguema, la séquence permet également de renforcer une image qu’il cultive régulièrement : celle d’un dirigeant qui descend sur le terrain, échange avec les habitants et veut mesurer lui-même l’avancement ou les insuffisances des politiques publiques.
À son arrivée à Makokou, une autre séquence débute. La ville doit accueillir le 30 août les cérémonies de la Fête de la Libération, organisée en mémoire des événements de 2023. Mais l’image politique de cette visite pourrait avoir été produite avant même les festivités : un président au terme de dix heures de route, après avoir traversé villages et localités, pour signifier que le territoire ne se gouverne pas uniquement depuis le palais présidentiel de Libreville.
