Afin de pallier le problème de délestage devenu littéralement invivable pour les populations du grand Libreville, et de tout le pays de façon générale , le gouvernement gabonais a conclu un accord avec l’entreprise turque Karpowership. Seulement quelques heures après ladite signature, elle soulève déjà plusieurs interrogations. Notamment autour de la nature des accords passés entre l’État Gabonais et le géant mondial des centrales flottantes. Il semblerait d’ores et déjà que l’avenir énergétique du Gabon a été mis entre les mains de ladite entreprise.
C’est petit à petit que le Gabon se dirige vers la fin d’un épisode littéralement sombre qui a plongé les populations du Grand Libreville à plusieurs reprises dans l’obscurité pendant de longues heures. En effet le gouvernement gabonais s’est engagé avec le leader mondial des centrales flottantes Karpowership. Toutefois , il semblerait que cette solution pourrait engendrer un autre problème notamment suite aux clauses liant les deux parties.
Sur le plan financier déjà, une confusion semblait planer dans la journée du 17 février dernier. En effet les Gabonais avaient du mal à comprendre pourquoi pour le même dossier, les montants sont différents. Entre le quotidien L’Union qui annonçait 15 milliards de FCFA par mois, et la plateforme CTRInews parlait de 1, 8 milliard de FCFA.
Si le ministre de l’Énergie Séraphin Akouré Davain a lui-même reconnu que l’accord n’était pas parfait et méritait quelques ajustements, le Gabonais lambda se demande alors pourquoi l’État a quand même signé un accord dans un secteur où le ministre de tutelle semble avoir des réserves? Aussi dans un contexte de trésorerie assez complexe que celui que traverse actuellement le Gabon, comment l’État compte-t-il financer ce projet ?
Heureusement sur le montant mensuel, l’État a convenu d’un arrangement de 1,8 milliard de FCFA.
Après un premier contrat jugé défavorable pour la partie gabonaise qui préconisait un montant de 15 milliards de FCFA pour 150 mégawatts. Dans l’urgence , les autorités de la transition ont convenu d’un nouveau contrat qui porte sur une puissance de 70 mégawatts, hors carburant. Le gouvernement devrait garantir la fourniture permanente.
Néanmoins, un autre motif d’inquiétude se trouve dans une clause du contrat. En effet, celle-ci stipule qu’en cas de retard de paiement sur deux mois le géant turc prendrait automatiquement le contrôle de la Société d’Eau et d’Energie du Gabon (SEEG). Si par malheur pour le Gabon faisait son paresseux, il serait totalement dépendant dans un secteur aussi stratégique pour son développement. Une disposition qui ne dit pas clairement jusqu’à quand la SEEG sera sous le contrôle des Turcs. Est-ce dire que cette disposition enclenchera systématiquement une signature de concession avec l’État Gabonais ?
Dans tous les cas, les gabonais se posent également la question sur le rendu du leader mondial des centrales flottantes. Il est important de rappeler que par expérience le Gabon avait déjà signé des accords avec Veolia par ailleurs leader mondial dans la fourniture d’eau, le moins que l’on puisse dire c’est que les Gabonais n’en gardent pas un très bon souvenir aussi bien quantitativement que qualitativement.
C’est donc avec beaucoup d’intérêt que les Gabonais vont regarder l’évolution des services fournis par la société Karpowership, mais également la cohabitation avec l’État gabonais
